3.1 Définir son arborescence

BPMI – 26/11/2017 – 2

Plan de la fiche

Présentation

1. Quelques principes de base

1.1 Un rameau unique

1.2 Distinguer espace privatif et espace partagé

1.3 Ne pas distinguer les fichiers par types de support

1.4 Repérer ses centres d’intérêt personnels

2. Préciser ses centres d’intérêt principaux

2.1 1ère règle : retenir les centres d’intérêt actuels

2.2 2ème règle : ne retenir qu’entre 4 et 8 centres principaux

2.3 3ème règle : les centres d’intérêt sont plus larges que les activités

2.4 4ème règle : Il n’existe pas de centre d’intérêt ‘Divers’

2.5 Conclusion : le niveau 1 de votre arborescence

3. Définir les niveaux suivants

3.1 Quelques concepts

Le dossier terminal

La loi de concrétisation croissante

Distinction entre fichiers historiques et fichiers permanents

Dossiers de proximité et archives

Périodes

3.2 Application à l’ouverture des sous-niveaux

1. Partez de l’inventaire initial

2. Limitez les niveaux de l’arborescence

3. Distinguez les dossiers historiques des dossiers permanents – respectez les périodes

4. Respectez la loi de concrétisation croissante

5. Polarisez-vous sur l’année en cours

Conclusion

Préalables

Présentation

Dans ce chapitre, nous allons envisager le classement des dossiers et des fichiers sur votre disque dur. Vous allez découvrir une méthode éprouvée pour définir une structure de rangement qui corresponde à vos besoins.

Qu’elle soit réfléchie ou qu’elle soit spontanée, nous suivons tous une méthode pour créer nos dossiers, créer tel dossier dans tel autre, et classer tel fichier dans tel dossier. Certains allèguent même qu’avec les outils de recherche dont on dispose, il est inutile de vouloir organiser un classement. Un fourre-tout suffirait, sans avoir à se compliquer la vie. Je ne discuterai pas cette position philosophique ; mais pour ses adeptes, ce chapitre est inutile.

En philosophie justement, j’ai appris qu’il y avait deux manières pour comprendre quelque chose : la compréhension et l’extension. La compréhension s’attache à détailler les qualités d’un sujet : plus on donne de détails sur un animal ou sur une fleur, mieux on la reconnaît parmi tous les animaux ou toutes les fleurs. L’extension renonce à définir les qualités, mais elle cherche à regrouper tous les individus partageant la ou les mêmes qualités. Ce groupe peut alors être désigné par leur qualité commune. Or, qui dit regroupement ou liste, dit classement, ordre et hiérarchie : en un mot, organisation du contenant.

1. Quelques principes de base

Avant d’aborder la pratique, commençons par poser quelques repères.

1.1 Un rameau unique

Nous allons parler d’une structure hiérarchisée, comparable à un arbre. On parle d’arborescence. Un tronc unique, des branches, d’autres branches, et au bout, des feuilles.

Sur un disque dur (comme sur tout support de données), le tronc et les branches sont des dossiers. Les feuilles, des fichiers.

Les dossiers sont parfois appelés répertoires traduction rapide de directory. Les fichiers en anglais sont appelés File. Dans mes schémas personnels, répertoire vise davantage l’espace physique, et dossier, le concept de réservoir ou de contenant. La nuance est subtile.

Quand vous regardez le contenu de votre ordinateur :

Dans la barre de tâche, à gauche :

W [Démarrer] : <[] ;

Sous Windows 7, dans la liste à gauche : ▼ Ordinateur <[Ordinateur] ;

Sous Windows 10 : ▼ Explorateur de fichier ;

dans la colonne de gauche de votre explorateur, cherchez la ligne comportant (C:) généralement précédé du nom de votre ordinateur ou de Windows.

Ce ‘C:’ est un reste des premiers PC sur lesquels les supports disques étaient des disquettes. Il y en avait deux (pour pouvoir copier l’une sur l’autre), désignés par ‘A:’ et ‘B:’ ; quand ensuite, on a inventé le disque dur, on a conservé cette pratique de désigner un support par une lettre. Le disque dur a donc pris la lettre suivante ‘C’. Les disquettes ont disparu, et ‘C:’ représente aujourd’hui la racine du disque dur.

 

Sur ce disque, dans C: il y a plein de dossiers système qui présentement sont inutiles pour notre propos. Dans ces dossiers, il y a le dossier Users ou Utilisateurs, avec un sous-dossier par utilisateur déclaré. Le dossier d’un utilisateur porte le nom avec lequel il se loge dans le système (login ou identifiant). Nous avons vu ces questions ici : 2.22 Sécuriser l’accès au système.

Le rameau unique dont je parle ici aujourd’hui, démarre donc du sous-dossier utilisateur.

Dans ce dossier utilisateur, il y a encore plein de dossiers système. Dans les sites pratiques de geneses.fr, nous nous intéressons à ceux qui conservent les paramétrages personnels des applications. Or, ici, je veux parler de vos informations dans une structure hiérarchisée dont nous cherchons encore la racine unique. Elle est là, dans ce dossier utilisateur, dans un dossier que Windows nous propose avec la désignation Mes documents ou Documents.

Sous Linux ou sous MacOs, la recherche sera analogue.

Ce rameau unique est identifié par son chemin : C:/Utilisateurs/[utilsiateur x]/Documents ou quelque chose qui y ressemble.

1.2 Distinguer espace privatif et espace partagé

Tous les ordinateurs, y compris les ordinateurs personnels ou familiaux, passent de mains en mains. Un ami de passage vous demandera d’utiliser votre ordinateur pour consulter sa messagerie ou écrire un papier. Dans les entreprises, le débat entre espace personnel et espace professionnel est loin d’être clos. Et que dire des réseaux complexes en entreprise avec les droits d’accès hiérarchisés dans les mêmes proportions que la hiérarchie opérationnelle.

Je préconise au niveau de l’informatique domestique, une règle simple : à chaque espace, privatif et partagé, un dossier Documents propre. Concrètement, cela revient à créer sur votre ordinateur un utilisateur appelé par exemple Visiteur et autant d’utilisateurs que d’usagers habituels. Contrairement à ceux-ci, le Visiteur n’a pas besoin de mot de passe. De plus, le dossier Visiteur/Documents est déclaré accessible par tous les utilisateurs habituels.

Il est facile aujourd’hui d’installer un réseau domestique avec un serveur de données (Synology, par exemple). Ce serveur permet de gérer des bibliothèques et de sauvegarder les données partagées. Son organisation doit être calquée sur celle des ordinateurs : un espace Visiteur éventuellement, accessible à tout le monde. Puis un espace privé par utilisateur, accessible uniquement par lui. Puis, suivant les besoins, d’autres espaces partagés, associés à des droits d’accès nominatifs.

On entend parfois dans les familles : « Chez nous, il n’y a pas de secrets ! » et sous ce prétexte, on refuse les espaces privatifs protégés. Je considère que c’est incohérent. Tout le monde a droit au secret, y compris (et peut-être surtout) pour ses fichiers. Par ailleurs, la protection par mot de passe est une précaution indispensable dont par expérience je suis convaincu de l’efficacité primaire.

Dans un réseau domestique, il est nécessaire de prévoir un espace pour le réseau, comme si le réseau était un utilisateur. Car en fait, il l’est. De nombreux échanges concernent le réseau, et le classement de ces échanges pose toujours un problème car les critères sont extérieurs aux utilisateurs. La solution est d’installer, à côté des rameaux uniques par visiteur ou utilisateur, un rameau pour le réseau qui recevra tout ce qui est partagé au seul motif d’être partagé.

J’insiste pour deux raisons. L’activité en réseau est de plus en plus fréquente, mais de moins en moins organisée parce que de plus en plus facile à mettre en place. Et d’autre part, la mise en place de la structure que nous allons étudier plus bas, nécessite d’intégrer ces dossiers de partage. La sécurité dans l’activité en réseau nécessite d’installer des passages et des verrous. Il vaut mieux les mettre avant qu’après, c’est plus simple. Sagesse de l’anticipation.

1.3 Ne pas distinguer les fichiers par type de support

Par souci de ce que je ne sais quoi, Windows propose aussi, à côté de  Documents, d’autres dossiers comme Images, Vidéos, Musiques, etc. Je refuse personnellement d’utiliser ces dossiers pour deux raisons :

1. Ils sont en contradiction avec mon premier principe d’un rameau unique par utilisateur ;

2. Il n’y a plus aucune raison, aujourd’hui, de distinguer des fichiers à cause de leur nature (texte, image, vidéo, son, etc.). Cette distinction, ancienne, était justifiée par les limites du volume de certains supports. Aujourd’hui, ça ne tient plus. Mais les informaticiens sont des gens très conservateurs…

1.4 Repérer ses centres d’intérêt personnels

La construction d’une structure de classement, je le répète, est une réponse personnelle à des besoins personnels. Chacun doit construire sa propre structure. Il n’existe pas de structure idéale. Nous ne parlons pas d’informatique. Nous parlons de ce qui est important pour soi. Nous sommes maintenant dans le vif du sujet.

Comment déterminer ses besoins personnels ? En répondant à la double question : qu’est-ce qui est important pour moi aujourd’hui ? Aujourd’hui, c’est à dire, en ce moment, en cette année ; et non pas il y a deux ans ou plus, ni dans deux ans ou plus. Important : ce qui m’intéresse, ce qui occupe mon existence. C’est le contenu de mes dossiers qui va me le dire.

Car la réponse n’est pas évidente, polluée facilement par nos désirs. Il faut souvent se tremper dans les réalités pour prendre conscience de certaines priorités, car elle sont tellement bien calées dans l’existence journalière qu’elles sont parfois si discrètes qu’on les oublie. Quand je faisais de l’organisation en entreprise, je commençais par le bureau de la secrétaire de Direction ; on sortait tout le contenu des armoires, des tiroirs qu’on entassait par terre pour un rapide inventaire exhaustif. Moment de surprise, invariablement : sans ce vidage au sens propre, plein de choses auraient été oubliées !

Mais ce travail mettait aussi en lumière le rôle du temps. Il traînait toujours des dossiers qui auraient dû être archivés mais qui restaient là par affection. Pourquoi pas ? Ou d’autres qui auraient dû être là mais qui étaient ailleurs (par affection ou par pouvoir, mais de la part des autres).

Donc, vous allez faire la même chose en balayant tous vos dossiers sur votre disque dur actuel, en ouvrant éventuellement des fichiers pour voir ce qu’il y a dedans. L’objectif est de faire la liste de ce qui fait votre vie et qui est concrétisé, là sur votre disque dur, avec les fichiers existants. Nous verrons dans un deuxième temps comment faire le tri dans cette liste.

Il est très important, pour préciser ses grands centres d’intérêt personnels, d’adopter une méthode rigoureuse :

1. Se donner une durée pour faire un inventaire et s’y tenir jusqu’au bout ; prévoir des tranches horaires limitées pour favoriser une attention soutenue.

2. Bien distinguer dans les centres d’intérêt trouvés, ceux qui sont actuels de ceux qui sont passés ou futurs. Ne rien exclure, mais les positionner dans le temps correctement.

3. Ne pas hésiter, à partir des informations consultées sur le disque actuel, d’aller chercher des informations complémentaires ailleurs (internet, dossiers papiers, etc.). Il est nécessaire de cerner au plus précis le périmètre de chaque dossier en place.

4. Faire un inventaire à plat, sans aucun souci, dans l’immédiat, de hiérarchiser les centres d’intérêt.

2. Préciser ses centres d’intérêt principaux

Nous partons maintenant de l’inventaire précédent pour préciser vos centres d’intérêts principaux et les hiérarchiser.

2.1 Première règle : retenir les centres d’intérêt actuels

Vous devez établir une structure qui correspond à vos centres d’intérêt actuels.

Les centres d’intérêts qui se traduisent par des aventures, des réalisations ou des réalités passées iront en archives. Ils n’ont pas à être intégrés dans la structure que vous allez construire maintenant.

Vos projets, vos rêves même, doivent se rattacher à des activités actuelles, d’une façon ou d’une autre, dont ils seront des prolongements ; exemple : rassembler de la documentation sur tel ou tel sujet.

2.2 2ème règle : ne retenir qu’entre 4 et 8 centres principaux

Vous devez limiter le nombre de vos centres d’intérêt principaux entre 4 et 8. Pourquoi ? Pour vous faciliter les classements aujourd’hui et les recherches plus tard. Si le choix de départ est trop large, vous hésiterez à prendre telle branche ou telle autre. Et cette hésitation sera encore plus grande quand vous rechercherez ce que vous avez classé.

Vous pouvez déjà noter que cette règle s’appliquera aussi dans l’ouverture des sous-dossiers, sauf pour des réalités qui sont associées à des listes (des contacts par exemple, par nature en grand nombre).

Pour rester dans cette fourchette (4-8), vous allez faire des reclassements, des regroupements. N’hésitez pas à élargir vos référentiels pour ces opérations : regarder vos dossiers papiers, vos autres rangements, et inspirez vous-en.

2.3 3ème règle : les centres d’intérêt sont plus larges que les activités

La notion de centre d’intérêt est plus large que la notion d’activité. C’est ce qui est important pour soi ; alors qu’une activité peut imposer son urgence, ses contraintes qu’il faut supporter. Le centre d’intérêt est animé par un désir ; l’activité, par le plaisir. Le centre d’intérêt part d’une situation vécue et envisage un avenir à cette situation, il débouche sur un projet ; l’activité est factuelle et présentielle. Le centre d’intérêt est à l’origine d’explorations et de documentations ouvertes ; l’activité fait l’objet de comptes-rendus, parle du passé (bilans, factures, récits).

2.4 4ème règle : il n’existe pas de centre d’intérêt Divers

Cette règle s’adresse particulièrement à ceux qui ne peuvent pas se passer de dossiers Divers. Si on part des approches que nous venons de voir avec les règles précédentes, il est évident que personne ne peut avoir un grand centre d’intérêt Divers. Mais il s’agit peut-être d’une attitude plus fondamentale face à la vie. Ceux qui se laissent vivre, sont plus facilement enclins à voir ce qui leur arrive comme quelque chose de Divers.

2.5 Conclusion : le niveau 1 de votre arborescence

Je récapitule ce que nous venons de voir pour définir vos centres d’intérêt principaux  :

1. Faites l’inventaire de ce que vous conservez comme informations sur votre disque dur actuel. Donnez-vous, après un premier aperçu, une limite de temps en une ou plusieurs tranches de deux heures maximum chacune. Objectif : faire une liste de tout ce qui vous intéresse, pêle-mêle.

2. À partir de cette liste, cherchez à définir entre 4 et 8 centres d’intérêt principaux actuels.

3. Pour vérifier le bien-fondé de cette dernière liste, vérifier que tous les éléments que vous aviez inventoriés à la première étape peuvent s’intégrer dans la liste des centres d’intérêt. Au besoin, créez des sous-dossiers provisoires.

4. Concluez votre travail en donnant un nom à chaque centre d’intérêt principal (qui pourrait devenir le nom du dossier correspondant), et précisez, en annexe, le contenu du dossier qui lui correspondra.

Voilà, vous avez fait l’essentiel : le niveau 1 de votre structure est créé conceptuellement pour s’intégrer dans la racine unique Documents (niveau 0). N’hésitez pas, pour ce travail fondamental, à y revenir plusieurs fois en laissant décanter. Il est très important de prendre son temps pour définir ce niveau car il va conditionner la cohérence de tout le reste.

Voici un critère pour juger du résultat : est-ce que ce niveau 1 est satisfaisant pour être utilisé pendant au moins une année sans poser de problème particulier ?

Ce n’est pas encore le moment de créer des dossiers sur le disque. Nous verrons cela au chapitre 3.3 Mettre en place la nouvelle organisation.

3. Définir les niveaux suivants

Définir l’arborescence descendante d’un dossier de niveau 1 est une autre problématique. Vous avez sans doute une petite idée du contenu de chaque dossier de niveau 1, mais cela ne suffit pas à définir une méthode pour déterminer les sous-dossiers et leurs emboîtements.

Il nous faut commencer par préciser quelques concepts.

3.1 Quelques concepts

Le dossier terminal

Il s’agit d’un sous-dossier en bout d’arborescence, la dernière branche qui n’aurait que des feuilles.

C’est un dossier qui ne comprend que des fichiers et pas de dossiers.

Comme on ne peut pas avoir un dossier terminal par fichier (pourquoi pas, mais ce serait curieux !), ce dossier terminal va être déterminé par une ou des caractéristiques communes à tous les fichiers qu’il contient. C’est la définition de ces caractéristiques communes qui va nous permettre de donner un nom à ce dossier terminal.

La loi de concrétisation croissante

Entre le niveau 1 et le dossier terminal, vous allez poser un ou plusieurs sous-dossiers intermédiaires. Ce qui caractérise ces dossiers, les uns par rapport aux autres, dans cette relation entre niveau 1 et dernier niveau, est ce que j’appelle la concrétisation croissante. Il est évident que le dossier terminal est précisé avec des caractéristiques concrètes. Alors qu’au niveau 1, on est plutôt dans les idées. Progressivement, en descendant les niveaux, de 1 vers la fin, on passe donc des idées au concret. C’est un indice pour définir les sous-dossiers, pour justifier ou non de leur création, pour préciser leur contenu, pour les mettre dans un certain ordre.

Distinction entre fichiers historiques et fichiers permanents

Un fichier historique est un fichier dont une des caractéristiques essentielles est sa date : c’est le cas pour un événement, une photo, une facture. C’est un fichier ponctuel. Sa date l’attache à une période, un espace de temps entre deux dates.

Un fichier permanent est un fichier qui couvre plusieurs périodes : un contrat d’assurance, un abonnement, des papiers d’état-civil, etc. Un fichier permanent reste en vigueur sur plusieurs périodes successives.

Cette distinction est très importante, mais pas toujours évidente. Par exemple, prenons les photos conservées sur le disque dur. Toutes les photos prises lors d’un événement pourront être considérées comme des éléments historiques, attachés à la date de cet événement. Elles seront archivées dans la période de cet événement. Pourtant, parmi toutes ces photos, il y en a quelques-unes qui pour moi sortent du lot, car elles représentent quelque chose de plus profond que l’événement, quelque chose qui s’affranchit du temps : ces photos peuvent être considérées comme des éléments permanents. À cause du regard que je pose sur elles, ces quelques photos préférées ne sont plus anecdotiques, vouées à l’archivage annuel ; leur permanence s’impose en prolongement de leur intérêt propre.

Dans l’optique d’un archivage annuel, le fichier historique va rester à proximité pendant la période qui le voit apparaître ; puis en fin de période, il passera en archive de la période terminée. Le fichier permanent va rester à proximité tant qu’il sera en vigueur ; son archivage ne sera envisagé que lorsqu’il deviendra périmé.

Cette distinction entre éléments historiques et permanents, nous amène à parler d’archive et de proximité.

Dossiers de proximité et archives

En ce qui concerne les papiers, il est naturel que certains soient classés à proximité pour être accessibles facilement, et d’autres soient classés plus loin, car on les garde au cas où on aurait besoin de les ressortir (la probabilité étant très faible). On s’organise de cette façon parce que l’espace est limité, mais aussi, tout simplement, parce qu’il est plus confortable de ne pas être encombré par ce qui n’en vaut pas la peine. On a donc des dossiers tout près, et des boîtes d’archives en haut d’un placard, à la cave ou au grenier.

Sur un disque dur, c’est la même chose. L’espace n’est plus un problème. Mais nous avons besoin d’être au large, de ne pas être encombré par des éléments dont la consultation est devenue exceptionnelle. Car il est évident qu’on trouve plus vite ce qu’on cherche si on doit le chercher au milieu d’un ensemble plus restreint.

Pourtant, il faut bien mettre quelque part la porte ouvrant sur les archives. Alors je la mets au même niveau que celui des mes centres d’intérêts principaux, au niveau 1. Cette porte Archives ouvre sur une liste de sous-dossiers, un sous-dossier par année par exemple. Cette porte Archives au niveau 1 est une manière de dire que les archives sont aussi un des centres d’intérêt principaux, celui qui s’intègre au temps qui passe.

Périodes

La période est une durée définie par une date de début et une date de fin. L’année civile est la période habituelle pour les classements et archivages. Un élément historique, caractérisé par sa date, trouvera facilement sa place dans l’année correspondante. Sa période de rattachement est évidente. Mais si cet élément court sur plusieurs années, le problème se complique.

Quand un élément relatif à un contrat ou un abonnement (s’étalant sur plusieurs années) concerne une période annuelle (une quittance d’assurance, par exemple), je lui donne comme date de référence pour son positionnement historique, la date de début de cette période annuelle. Cette date est certaine (alors que la date de fin pourrait être aléatoire dans sa survenue, en cas de résiliation, par exemple).

En revanche, j’archive un élément permanent dans la période où il est devenu périmé. C’est une convention personnelle qui s’avère à l’usage bien commode. La fonction Recherche du système (mes archives sont indexées sur le contenu) est bien pratique pour retrouver des éléments dont j’ai oublié la date initiale ou la date de péremption.

Le concept de période permet de gérer simplement des éléments étalés sur deux périodes consécutives ou plus. Un exemple permettra de comprendre : la déclaration de revenus d’une année. Supposons que je veux classer les éléments concernant l’année 2015 relatifs à la déclaration aux Impôts des revenus perçus en 2015. Voilà ma méthode : j’ouvre dans le dossier de proximité Impôts, un sous-dossier (historique) intitulé Déclaration en 2016 des revenus 2015. Ce dossier va recevoir tous les éléments de 2015 qui seront utiles à ma déclaration (montants à déclarer reçus, reçus fiscaux, notes en traitement de texte, tableaux personnels, etc.). Bien qu’il soit historique, ce dossier ne sera pas archivé fin 2015 car il se conclut en 2016. Il restera donc à proximité pour enregistrer la déclaration faite en 2016. J’y classerai, naturellement, l’avis d’imposition correspondant que je recevrai plus tard. L’intérêt est que tous les éléments concernant ma déclaration sont classés dans le même dossier.

Vous noterez, car c’est une règle générale, que lorsque des éléments historiques s’étalent sur deux ou plusieurs périodes consécutives, la période de référence est toujours la dernière.

3.2 Application à l’ouverture des sous-niveaux

Venons-en maintenant à la définition de vos sous-niveaux.

3.21 Partez de l’inventaire initial

Vous partez de l’inventaire initial évoqué en conclusion du premier point de ce chapitre. Pour chaque dossier de niveau 1, précisé au point 2. ci-dessus, vous allez imaginer les dossiers de niveau 2 à ouvrir. Pour certains de ces dossiers, vous pourrez descendre directement jusqu’aux dossiers terminaux. Pour d’autres, il vaut mieux définir tous les sous-dossiers d’un niveau avant de passer au niveau suivant. Cela évite de faire des doublons ou d’oublier certaines réalités.

3.22 Limitez les niveau de l’arborescence

Limitez le nombre de niveaux de votre arborescence : 6, plus ou moins 2, est un bon compromis. Par exemple, avec 6 dossiers de niveau 1, et 6 niveaux dans l’arborescence de chacun, vous vous donnez plus de 46.000 dossiers terminaux ! En fait, vous ferez un compromis entre le nombre de niveaux (profondeur, axe vertical) et le nombre de dossiers sur un niveau (axe horizontal).

3.23 Distinguez les dossiers historiques des dossiers permanents – respectez les périodes

Ouvrez des dossiers qui ne mélangent pas les fichiers historiques et les fichiers permanents. Respectez les périodes comme on l’a vu dans l’exemple des déclarations de revenus. Éventuellement, dans un dossier à majorité historique, ouvrez un sous-dossier permanent destiné à recueillir les éléments permanents.

3.24 Respectez la loi de concrétisation croissante

Aidez-vous, pour définir un niveau ou pour lui donner un nom, du principe de concrétisation croissante. La logique de ce principe vous aidera ensuite pour classer vos informations et surtout pour les retrouver plus tard. N’hésitez pas à élargir les caractéristiques communes d’un dossier terminal ayant peu de fichiers. Il vaut mieux avoir moins de dossiers d’une dizaine de fichiers, que plein de dossiers avec deux ou trois fichiers chacun.

3.25 Polarisez-vous sur l’année en cours

Vous êtes en train de construire une structure concrète. Non pas une structure idéale ou théorique. Mais une structure qui s’applique à votre vie actuelle pendant l’année qui court. Vos informations passées ne sont pas concernées (elles vont aller en archives), ni vos projets qui n’en sont qu’au stade des rêves. Vous construisez une structure qui concerne votre réalité du moment, et pour être plus précis, qui doit s’adapter à vos événements de l’année en cours.

Conclusion

J’attache personnellement une très grande importance au sujet que nous venons d’aborder. Soit nous maîtrisons nos informations, soit nous en sommes esclaves. J’ai passé une bonne partie de mon existence professionnelle à mettre en place des systèmes d’informations. J’ai dû partir de situations aussi diverses que paradoxales. J’ai appris au contact de nombreux experts en organisation à voir les réalités, à les placer et à les relier entre elles. Je vous confie ici une méthode pour 1. mettre chaque chose à sa place et surtout 2. baliser le chemin permettant de la retrouver.

Ce travail d’analyse est déconnecté du travail informatique. Nous allons voir maintenant, au chapitre suivant 3.2 Nommer vos dossiers et fichiers, et au chapitre d’après comment mettre en place cette organisation définie ici en intégrant ce qui existe déjà sur votre disque dur.

Informations complémentaires

Prolongements

Liens

2.22 Sécuriser l’accès au système.

Historique

10/03/2017 : création

2 réflexions au sujet de « 3.1 Définir son arborescence »

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